Sommaire

   

 

 

 

 

 

 

         Référencement gratuit























































































































































































































On donne généralement à ces minéraux tombés du ciel les noms d' aérolithes et de météorites. Le titre d' uranolithes leur convient mieux, par droit d' étymologie. Ces masses ne sont pas insignifiantes, comme on peut en juger par les échantillons suivants : p689 1 uranolithe ferrugineux trouvé en 1866 au milieu d' une plaine de sable du Chili et pesant 104 kilogrammes, envoyé à Paris à l' exposition de 1867 et actuellement au muséum de Paris. Hauteur : 48 centimètres. 2 uranolithe pierreux, tombé à Murcie (Espagne) le 24 décembre 1858, pesant 114 kilogrammes, envoyé également à l' exposition de 1867 et rapporté au musée de Madrid. 3 uranolithe tombé le 7 novembre 1492 à Ensisheim (Haut-Rhin), devant l' empereur Maximilien, à la tête de son armée (miracle historique, présage de la victoire : c' eût été plus curieux encore s' il était tombé juste sur la tête de l' empereur), pesant 158 kilogrammes. p690 On le plaça d' abord dans l' église, comme une relique, et il est aujourd' hui au musée minéralogique de Vienne. 4 plusieurs milliers de pierres sont tombées le 9 juin 1866 à Kniahynia ( Hongrie), au milieu d' un épouvantable bruit de tonnerre : le plus gros fragment, qui figure à Vienne à côté du précédent, pèse 293 kilogrammes. 5 bloc de fer météorique qui servait depuis un temps immémorial de banc à la porte de l' église de Caille (Alpes-Maritimes). Son poids est de 625 kilogrammes. Il a été transporté à Paris. (nous en avons donné le dessin plus haut, P 391). 6 le musée minéralogique de Londres possède une masse de fer trouvée en 1788 à Tucaman (république Argentine) , qui pèse 635 kilogrammes. 7 masse de fer météorique trouvée par Pallas en Sibérie en 1749 (c' est l' un des premiers aérolithes reconnus). Il pesait 700 kilogrammes, et les fragments qu' on a détachés l' ont réduit à 519. Il fait partie de la collection de Paris. 8 uranolithe de 750 kilogrammes tombé en 1810 à Santa Rosa (Nouvelle-Grenade). Son volume est à peu près le dixième d' un mètre cube. 9 uranolithe de 7 80 kilogrammes, qui servait d' idole dans l' église de Charcas ( Mexique), enlevé par les soins du trop célèbre commandant en chef de l' expédition du Mexique, et actuellement à Paris. Hauteur : 1 mètre. 10 uranolithe de 1 mètre de diamètre, tombé le 25 décembre 1869 à Mourzouk, près d' un groupe d' arabes effrayés. 11 uranolithe découvert en 1861 près de Melbourne (Australie). Deux fragments, pesant ensemble trois mille kilogrammes , dont l' un est à Melbourne et l' autre à Londres au musée britannique. 12 le plus lourd uranolithe authentique que l' on possède dans les collections est celui que l' on a découvert en 1816 à Bendego, près Bahia, au Brésil, et que l' on a transporté en 1886 à Rio De Janeiro : il pèse 5360 kilogrammes. On en a vu un moulage à l' exposition de 188 9. à ces uranolithes, pesés, analysés et classés, nous pouvons adjoindre deux autres fragments planétaires qui sont plus considérables encore : l' un, pesant plus de dix mille kilogrammes, est tombé en Chine, vers la source du fleuve Jaune , et mesure 15 mètres de hauteur. Les mongols, qui l' appellent le rocher du nord , racontent que cette masse tomba à la suite d' un grand feu du ciel. Le troisième gît dans la plaine de Tucaman (Amérique Du Sud) et pèse environ 15000 kilogrammes . Des savants ont associé à ces masses les énormes blocs de fer natif de dix, quinze et vingt mille kilogrammes trouvés en 1870 , par le professeur Nordenskiold, à Ovifalk (Groënland), sur le rivage de la mer ; mais ces blocs de fer natif sont d' origine terrestre. Plus authentiques sont les vingt-cinq mille kilogrammes de fer trouvés en 1875 sur une montagne de la province de Sainte-Catherine, au Brésil, partagés en quatorze blocs orientés en ligne droite. On voit que, tout en ayant commencé par des fragments de quelques grammes, on arrive ici à des masses respectables. Il a dû, au surplus, tomber de temps immémorial des quantités de fer céleste, car les premiers instruments de fer fabriqués par les hommes ont été faits en fer météorique, et l' ancien mot par lequel on désignait ce métal, le mot sidéros , signifie astre aussi bien que fer . Il résulte de plusieurs centaines d' analyses, dues aux chimistes les plus éminents, que les météorites n' ont présenté aucun corps simple étranger à notre globe. Les éléments qu' on y a reconnus avec certitude jusqu' à présent sont au nombre de 22. Les voici , à peu près suivant leur quantité : le fer en constitue la partie dominante ; puis viennent : le magnésium ; -le silicium ; -l' oxygène ; -le nickel, qui est le principal compagnon du fer ; -le cobalt ; -le chrome ; -le manganèse ; -le titane ; -l' étain ; -le cuivre ; -l' aluminium ; -le potassium ; -le sodium ; -le calcium ; -l' arsenic ; -le phosphore ; -l' azote ; -le soufre ; -des traces de chlore, et enfin du carbone et de l' hydrogène. - d' autre part, M De p691 Konkoly a analysé au spectroscope plusieurs centaines d' étoiles filantes, et trouvé dans leurs noyaux un spectre continu, avec les lignes du sodium, du magnésium, du strontium, du lithium et du fer. La densité des uranolithes varie de 3 à 8, celle de l' eau étant prise pour unité ; elle est plus forte que celle des terrains du globe terrestre qui forment les couches extérieures que nous connaissons et s' étend jusqu' à celle des couches inférieures. M Daubrée, qui a rassemblé, au muséum de Paris, des échantillons de 260 chutes, a classé ces corps en différents types suivant la quantité de fer qu' ils renferment : 1 les holosidères , entièrement composés de fer pur, pouvant être forgé directement (le nickel y est toujours associé ; on n' a jamais trouvé sur la terre de fer natif aussi pur) ; échantillons rares ; - 2 les syssidères , composés d' une pâte de fer dans laquelle il y a des parties pierreuses, ordinairement du péridot, ressemblant à des scories ; - 3 les sporadosidères , composés d' une pâte pierreuse, dans laquelle le fer, au lieu d' être continu, est disséminé en grenailles ; très fréquents ; - 4 les asidères , dans lesquels il n' y a pas de fer du tout, comme l' aérolithe d' orgueil ; très rares. D' où viennent les pierres qui tombent du ciel ? Leur identité avec les bolides n' est plus douteuse, puisque toute chute d' aérolithe vient d' un bolide. Devons-nous aller plus loin et identifier les aérolithes et les bolides aux étoiles filantes ? Il ne le semble pas, car dans les averses d' étoiles filantes on ne remarque pas d' énormes bolides ni de chutes de pierres en correspondance avec ces averses. Ce fait nous montre que, si les étoiles filantes se meuvent dans l' espace suivant des orbites elliptiques de l' ordre cométaire, les bolides et les aérolithes peuvent avoir une origine et un cours différent. p701 La contemplation des cieux. La terre est oubliée avec son histoire minuscule et éphémère. Le soleil lui-même, avec tout son immense système, est tombé dans la nuit infinie. Sur l' aile des comètes intersidérales nous avons pris notre essor vers les étoiles, soleils de l' espace. Avons-nous exactement p702 mesuré, avons-nous dignement senti le chemin parcouru par notre pensée ? L' étoile la plus proche de nous trône à 275000 fois 37 millions de lieues, c' est-à-dire à dix trillions de lieues ; jusque-là un immense désert nous environne de la plus profonde, de la plus obscure et de la plus silencieuse des solitudes. Le système solaire nous paraissait bien vaste, l' abîme qui sépare notre monde de Mars, de Jupoter, de Saturne, de Neptune, nous paraissait immense ; cependant, relativement aux étoiles fixes, tout notre système ne représente qu' une famille isolée nous entourant immédiatement : une sphère aussi vaste que le système solaire tout entier serait réduite à la dimension d' un simple point si elle était transportée à la distance de l' étoile la plus proche ! L' espace qui s' étend entre le système solaire et les étoiles et qui sépare les étoiles les unes des autres paraît entièrement vide de matière visible, à l' exception des fragments nébuleux, cométaires ou météoriques, qui circulent çà et là dans ces vides immenses. Neuf mille deux cent cinquante systèmes comme le nôtre (terminé à Neptune) tiendraient dans l' espace qui nous isole de l' étoile la plus proche ! Qu' une épouvantable explosion s' accomplisse dans cette étoile, et que le son puisse traverser le vide qui nous en sépare : ce son emploierait plus de trois millions d' années pour arriver jusqu' à nous ! Il est presque merveilleux d' apercevoir les astres à une pareille distance. Quelle admirable transparence dans ces immenses espaces, pour laisser passer la lumière, sans l' épuiser, à cent mille millions de millions de kilomètres ! Autour de nous, dans l' air épais qui nous entoure, les montagnes sont déjà obscures et difficiles à voir à trente lieues ; les moindres brumes nous dérobent les objets de l' horizon. Quelle n' est pas la ténuité, la raréfaction, la transparence extrême du milieu éthéré qui remplit les espaces célestes ! Nous voici donc sur le soleil le plus proche du nôtre. De là, notre éblouissant foyer est déjà perdu comme une petite étoile à peine reconnaissable parmi les constellations : terre, planètes, comètes, voguent dans l' invisible. Nous sommes dans un nouveau système. Approchons ainsi de chaque étoile, nous trouvons un soleil, tandis que tous les autres soleils de l' espace sont réduits au rang d' étoiles. étrange réalité : l' état normal de l' univers, c' est la nuit. Ce que nous appelons le jour n' existe pour nous que parce que nous sommes près d' une étoile. L' immense éloignement qui nous isole de toutes les étoiles les réduit à l' état de clartés immobiles fixées en apparence sous la voûte du firmament. Tous les regards humains depuis que l' humanité a dégagé p703 ses ailes de la chrysalide animale, toutes les âmes depuis qu' il y a des âmes, ont contemplé ces lointaines étoiles perdues dans les profondeurs éthérées ; nos aïeux de l' Asie centrale, les chaldéens de Babel, les égyptiens des pyramides, les argonautes de la toison d' or, les hébreux chantés par Job, les grecs chantés par Homère, les romains chantés par Virgile, tous ces yeux de la terre, depuis si longtemps éteints et fermés, se sont attachés de siècle en siècle à ces yeux du ciel, toujours ouverts , toujours animés, toujours vivants. Les générations terrestres, les nations et leurs gloires, les trônes et les autels ont disparu : le ciel d' Homère est toujours là. Qu' y a-t-il d' étonnant à ce qu' on l' ait contemplé, aimé, vénéré, questionné, admiré, avant même de rien connaître de ses vraies beautés et de ses insondables grandeurs ? Mieux que le spectacle de la mer calme ou agitée, mieux que le spectacle des montagnes ornées de forêts ou couronnées de neiges perpétuelles, le spectacle du ciel étoilé nous attire, nous enveloppe, nous parle de l' infini, nous donne le vertige des abîmes ; car, plus que nul autre, il saisit l' âme contemplative et l' appelle, étant la vérité, étant l' infini, étant l' éternité, étant tout . Des écrivains qui ne comprennent rien à la vraie poésie de la science moderne ont prétendu que le sentiment du sublime naît de l' ignorance et que pour admirer il faut ne point connaître. C' est assurément là une étrange erreur, et la meilleure preuve en est dans le charme captivant et l' admiration passionnée que la divine science inspire actuellement, non pas à quelques rares esprits seulement, mais à des milliers d' intelligences, à cent mille lecteurs passionnés pour la recherche du vrai, surpris, presque honteux d' avoir vécu dans l' ignorance et l' indifférence de ces réalités splendides, désireux d' accroître sans cesse leur conception des choses éternelles, et sentant l' admiration grandir dans leur âme éblouie à mesure qu' ils pénètrent plus avant dans l' infini. Qu' est-ce que l' univers de Moïse, de Job, d' Hésiode, de Cicéron, à côté du nôtre ! Cherchez dans tous les mystères religieux, dans toutes les surprises de l' art, en peinture, en musique, au théâtre, dans le roman, cherchez une contemplation intellectuelle qui produise dans l' âme l' impression du vrai, du grandiose, du sublime, comme la contemplation astronomique ! La moindre étoile filante nous pose une question qu' il nous est difficile de ne pas entendre ; elle semble nous dire : " que sommes-nous dans l' univers ? " la comète ouvre ses ailes pour nous emporter dans les profondeurs de l' espace ; l' étoile qui brille au fond des cieux nous montre un lointain soleil entouré p704 d' humanités inconnues qui se chauffent à ses rayons... spectacles prodigieux, immenses, fantastiques, ils charment par leur captivante beauté celui qui s' arrête aux détails, et ils transportent dans la majesté de l' insondable celui qui se livre à son essor et prend son vol pour l' infini... etc. " je suis monté dans le ciel qui reçoit le plus de sa lumière, et j' ai vu des choses que ne sait ni ne peut redire celui qui descend de là- haut, " s' écriait le Dante dès le premier chant de son poème sur le paradis . élevons-nous comme lui vers les célestes hauteurs, non plus sur les ailes tremblantes de la foi, mais sur les fortes ailes de la science. Ce que les étoiles vont nous apprendre est incomparablement plus beau, plus merveilleux, plus splendide que tout ce que nous pouvons rêver. Parmi l' innombrable armée des étoiles qui scintillent dans la nuit infinie, le regard s' arrête de préférence sur les lumières les plus éclatantes et sur certains groupes qui font pressentir obscurément un lien mystérieux entre les mondes de l' espace. Ces groupes ont été remarqués à toutes les époques, même parmi les races d' hommes les plus grossières, et dès les premiers âges de l' humanité ils ont reçu des noms empruntés d' ordinaire au règne organique, qui donnent une vie fantastique à la solitude et au silence des cieux. Ainsi furent distingués de bonne heure les sept astres du nord ou le chariot dont parle Homère, les pléiades ou la " poussinière " , le géant orion, les hyades à la tête du Taureau, le Bouvier, près du Chariot ou de la Grande Ourse. Ces cinq groupes étaient déjà nommés il y a plus de trois mille ans, ainsi que les étoiles les plus brillantes du ciel : Sirius, Arcturus. On ignore l' époque de la formation des constellations, mais on sait qu' elles ont été établies successivement. Le centaure Chiron, précepteur de Jason, a la réputation d' avoir le premier partagé le ciel sur la sphère des argonautes ; mais c' est là de la mythologie, et d' ailleurs Job vivait avant l' époque où l' on place le précédent, et ce prophète parlait déjà d' orion, des pléiades, des hyades, il y a trois mille trois cents ans. Homère parle également de ces constellations en décrivant le fameux bouclier de Vulcain. " sur la surface, dit-il, Vulcain, avec une divine intelligence, trace mille tableaux variés. Il y représente la terre, les cieux, la mer, le soleil infatigable, la lune dans son plein, p706 et tous les astres dont se couronne le ciel ; les pléiades, les hyades, le brillant orion, l' Ourse, qu' on appelle aussi le Chariot, et qui tourne autour du pôle : c' est la seule constellation qui ne se plonge pas dans les flots de l' océan. " (iliade, Chxviii). Plusieurs théologiens ont affirmé que c' est Adam lui-même, dans le paradis terrestre, qui a donné leurs noms aux étoiles, ce qui n' aurait rien d' impossible s' il avait vraiment existé ; l' historien Josèphe assure que, si ce n' est pas Adam, c' est son fils Seth, et que dans tous les cas l' astronomie était cultivée longtemps avant le déluge. -cette noblesse est suffisante pour nous. Les premiers regards attentifs fixés sur le ciel firent remarquer aussi dès l' origine les belles étoiles : Véga de la Lyre, la Chèvre du Cocher, Procyon du Petit Chien, Antarès du Scorpion, Altaïr de l' Aigle, l' épi de la Vierge, les Gémeaux, la Chaise ou Cassiopée, la Croix du Cygne blanc étendu en pleine voie lactée . Déjà remarquées à l' époque d' Hésiode et d' Homère, ces constellations et ces étoiles n' étaient probablement pas encore nommées, parce que sans doute on n' avait pas encore éprouvé le besoin de les inscrire pour une application quelconque au calendrier, à la navigation, ou aux voyages. à l' époque où la puissance maritime des phéniciens était à son apogée, il y a trois mille ans environ, soit douze siècles avant notre ère, c' était l' étoile (..) de la Petite Ourse (revoir notre Fig 29, P 53) qui était l' étoile brillante la plus voisine du pôle, et les habiles navigateurs de Tyr et de Sidon (ô pourpres d' autrefois, que reste-t-il de votre orgueil ! ) avaient reconnu les sept étoiles de la Petite Ourse, qu' ils nommaient la Queue Du Chien, Cynosure : ils se dirigeaient d' après le pivot du mouvement diurne, et pendant plusieurs siècles ils surpassèrent en précision tous les marins de la Méditerranée. Le Chien a cédé la place à une Ourse, sans doute à cause de la ressemblance de la configuration p707 de ces sept étoiles avec les sept de la Grande Ourse, mais la queue est restée longue et relevée, en dépit de la nature du nouvel animal. Ainsi les étoiles du nord ont d' abord servi de points de repère pour les premiers hommes qui osèrent s' aventurer sur les eaux. Mais elles servirent en même temps de guides sur la terre ferme pour les tribus nomades qui portaient leurs tentes de contrée en contrée. Au sein de la nature sauvage, les premiers guerriers eux-mêmes n' avaient que la Petite Ourse pour guider leurs pas. Insensiblement, successivement, les constellations furent formées. Quelques groupes ressemblent aux noms qu' ils portent encore et ont inspiré leur dénomination aux hommes d' autrefois qui vivaient en pleine nature et cherchaient partout des rapports avec leurs observations habituelles. Le Chariot ; la Chaise ; les Trois-Rois, nommés aussi le Râteau , le Bâton De Jacob et le Baudrier D' Orion ; la Poussinière, ou la Poule et ses Poussins ; la Flèche ; la Couronne ; le Triangle ; les Gémeaux ; le Dragon ; le Serpent ; et même le Taureau, le Cygne, le Géant Orion, le Dauphin, les Poissons, les Gémeaux, le Lion, l' eau et le Verseau, etc., ont donné naissance à l' analogie. Ce sont des ressemblances parfois vagues et lointaines, comme celles que l' on peut trouver dans les nuages, mais il nous paraît beaucoup plus naturel d' admettre cette origine que de supposer, avec les auteurs classiques, que ces noms aient été inspirés par des concordances entre les saisons ou les travaux des champs et la présence des étoiles au-dessus de l' horizon. Que le nom de Balance ait été donné à la constellation de l' équinoxe parce qu' alors les jours sont égaux, nous semble plus que contestable ; que l' écrevisse signifie que le soleil recule au solstice, et que le Lion ait eu pour but de symboliser les chaleurs de l' été et le Verseau la pluie et les inondations, ne nous paraît pas moins imaginaire. Cependant il y a eu aussi d' autres origines. Ainsi le Grand Chien Sirius annonçait certainement la crue du Nil et les jours caniculaires (lesquels sont restés dans notre calendrier comme un beau type d' anachronisme). -la poésie, la reconnaissance, la divinisation des héros, la mythologie, transportèrent ensuite dans le ciel des personnages et des souvenirs : Hercule, Persée, Andromède, Céphée, Cassiopée, Pégase ; plus tard, à l' époque romaine, on ajouta la Chevelure De Bérénice et Antinoüs ; plus tard encore, dans les temps modernes, on ajouta la Croix Du Sud, l' Indien, l' Atelier Du Sculpteur, le Lynx, la Girafe, les Lévriers, l' écu De Sobieski, le Petit Renard ; -on alla même jusqu' à placer dans le ciel une montagne, un chêne, un paon, une dorade, une oie, un p708 chat, une grue, un lézard et une mouche, ce qui n' avait rien d' urgent. Ce n' est pas ici le lieu d' exposer et de dessiner en détail toutes ces constellations avec leurs figures plus ou moins étranges ; leur description trouvera sa place naturellement préparée dans notre supplément . L' important est de nous en former ici une idée générale. Le ciel est resté partagé en provinces dont chacune continue de porter le nom de la constellation primitive. Mais il importe de concevoir que les positions des étoiles elles-mêmes, telles que nous les voyons, n' ont rien d' absolu, et que les configurations diverses qu' elles peuvent nous offrir ne sont qu' une affaire de perspective. Nous savons déjà que le ciel n' est pas une sphère concave sous laquelle des clous brillants seraient attachés, mais qu' il n' y a aucune espèce de voûte ; qu' un vide immense, infini, enveloppe la terre de toutes parts, dans toutes les directions. Nous savons aussi que les étoiles, soleils de l' espace, sont disséminées à toutes les distances dans la vaste immensité. Lors donc que nous remarquons dans le ciel plusieurs étoiles voisines, cela n' implique pas que ces étoiles, formant une même constellation, se trouvent sur un même plan et à une égale distance de la terre. Nullement : la disposition qu' elles revêtent à nos yeux n' est qu' une apparence causée par la position de la terre relativement à elles. C' est là une pure affaire de perspective. En quittant notre monde et en nous transportant en un lieu de l' espace suffisamment éloigné, nous serions témoins, dans la disposition apparente des astres, d' une variation d' autant plus grande que notre station d' observation serait plus éloignée de celle où nous sommes. Un instant de réflexion suffit pour convaincre de ce fait et pour nous dispenser d' insister davantage à son égard. Une fois ces illusions appréciées à leur juste valeur, nous pouvons commencer la description des figures dont la fable antique a constellé la sphère. La connaissance des constellations est nécessaire pour l' observation du ciel, et pour les recherches que l' amour des sciences et la curiosité peuvent inspirer ; sans elle on se trouve dans un pays inconnu, dont la géographie ne serait pas faite, où il serait impossible de se reconnaître. Faisons donc la géographie céleste ; voyons comment on s' oriente pour lire couramment dans le grand livre du ciel. p709 Description générale des constellations. Comment on reconnaît les principales étoiles. Il y a une constellation que tout le monde connaît ; pour plus de simplicité, nous commencerons par elle : elle voudra bien nous servir de point de départ pour aller vers les autres et de point de repère pour trouver ses compagnes. Cette constellation, c' est la Grande Ourse, que l' on a surnommée aussi le Chariot De David. Elle peut se vanter d' être célèbre. Si pourtant, malgré son universelle notoriété, quelques-uns de nos lecteurs les plus jeunes n' avaient pas encore eu l' occasion de lier connaissance avec elle, voici le signalement auquel on pourra toujours la reconnaître. Tournez- vous vers le nord, c' est-à-dire à l' opposé du point où le soleil se trouve à midi. Quelle que soit la saison de l' année, le jour du mois ou l' heure de la nuit, vous verrez toujours là une grande constellation formée de sept belles étoiles, dont quatre en quadrilatère et trois à l' angle d' un côté ; le tout distribué comme on le voit sur cette figure. Vous l' avez tous vue, n' est-ce pas ? Elle ne se couche jamais. Nuit et jour elle veille au-dessus de l' horizon du nord, tournant lentement, en vingt-quatre heures, autour d' une étoile dont nous allons parler tout à l' heure. Dans la figure de la Grande Ourse, les trois étoiles de l' extrémité forment la queue, et les quatre en quadrilatère se trouvent dans le corps. Dans le Chariot, les quatre étoiles forment les roues, et les trois le timon, les chevaux ou les boeufs. Au-dessus p710 de la seconde d' entre ces dernières, (..), les bonnes vues distinguent une toute petite étoile, nommée Alcor, que l' on appelle aussi le Cavalier. On s' en sert pour éprouver la portée de la vue. Chaque étoile est désignée par une lettre de l' alphabet grec : (..) marquent les deux premières étoiles du carré, les deux suivantes, (..) les trois du timon ; on leur a également donné des noms arabes, que nous passerons sous silence parce qu' ils sont généralement inusités, à l' exception toutefois de celui du second cheval : Mizar. (à propos des lettres grecques dont nous avons donné la liste P 44, un grand nombre de personnes pensent qu' il serait préférable de les supprimer et de les remplacer par des chiffres. Ce serait déjà impossible pour la pratique de l' astronomie, et ensuite des confusions inévitables en résulteraient à cause des numéros que les étoiles portent dans les catalogues.) les latins donnaient aux boeufs de labour le nom de triones ; au lieu de dire un chariot et trois boeufs, ils finirent par dire les sept boeufs, septem-triones . C' est de là que dérive le mot septentrion, et il y a sans doute aujourd' hui peu de personnes qui, en écrivant ce mot, savent qu' elles parlent de sept boeufs. -il en est de même, du reste, de beaucoup d' autres mots ! Qui se souvient, par exemple, en prononçant le mot tragédie , qu' il parle du chant du bouc : tragôs-odè ? Reportons-nous à la figure tracée plus haut. Si l' on mène une ligne droite par les deux étoiles marquées (..), qui forment l' extrémité du carré, et qu' on la prolonge au delà de (..) d' une quantité égale à cinq fois la distance de (..), ou, si l' on veut, d' une quantité égale à la distance de (..) à l' extrémité de la queue (..), on trouve une étoile un peu moins brillante que les précédentes, qui forme l' extrémité d' une figure pareille à la Grande Ourse, mais plus petite et dirigée en sens contraire. C' est la Petite Ourse ou le Petit Chariot, formée également de sept astres. L' étoile à laquelle notre ligne nous mène, celle qui est à l' extrémité de la queue de la Petite Ourse ou au bout du timon du Petit Chariot, c' est l' étoile Polaire . L' étoile Polaire jouit d' une certaine renommée, comme tous les p711 personnages qui se distinguent du commun, parce que, seule parmi tous les astres qui scintillent au sein de la nuit étoilée, elle reste immobile dans les cieux. à quelque moment de l' année, du jour ou de la nuit que vous observiez le ciel, vous la rencontrerez toujours. Toutes les étoiles, au contraire, tournent en vingt-quatre heures autour d' elle, prise pour centre de cet immense tourbillon. La Polaire demeure immobile sur un pôle du monde, d' où elle sert de point fixe aux navigateurs de l' océan sans routes, comme aux voyageurs du désert inexploré. En regardant l' étoile Polaire, immobile, au milieu de la région septentrionale du ciel, on a le sud derrière soi, l' est à droite , l' ouest à gauche. Toutes les étoiles tournent autour de La Polaire en sens contraire du mouvement des aiguilles d' une montre : elles doivent donc être reconnues selon leurs rapports mutuels plutôt que rapportées aux points cardinaux. De l' autre côté de La Polaire, par rapport à la Grande Ourse, se trouve une autre constellation que nous pouvons reconnaître tout de suite aussi. Si de l' étoile du milieu ((..)) on mène une ligne au pôle, en prolongeant cette ligne d' une égale quantité (Voy la Fig précédente), on arrive à Cassiopée, formée de 5 étoiles principales, disposées un peu comme les jambages écartés de la lettre M. La petite étoile (..), qui termine le carré, lui donne aussi la forme d' une chaise . Ce groupe prend toutes les situations possibles en tournant autour du pôle, se trouvant tantôt au-dessus, tantôt au-dessous, tantôt à gauche, tantôt à droite ; mais il est toujours facile à reconnaître, attendu que, comme les précédents, il ne se couche jamais, et qu' il est toujours à l' opposé de la Grande Ourse. L' étoile Polaire est l' essieu autour duquel tournent ces deux constellations. Si nous tirons maintenant, des étoiles (..) de la Grande Ourse, deux lignes se joignant au pôle, et que nous prolongions ces lignes au delà de Cassiopée, elles aboutiront au carré de Pégase (V la Figsuiv) qui présente un prolongement de trois étoiles assez semblables à celles de la Grande Ourse. Ces trois étoiles appartiennent à Andromède, et aboutissent elles-mêmes à une autre constellation, à Persée. La dernière étoile du carré de Pégase est, comme on voit, la première, (..), d' Andromède ; les trois autres se nomment : (..). Au nord de (..) d' Andromède se trouve, près d' une petite étoile, (..), une nébuleuse oblongue que l' on peut distinguer à l' oeil nu. Dans Persée, (..), la brillante, sur le prolongement des trois principales d' Andromède, apparaît entre deux autres moins éclatantes, qui forment avec elle un p712 arc concave très facile à distinguer. Cet arc va nous servir pour une nouvelle orientation. En le prolongeant du côté de (..), on trouve une étoile très brillante de première grandeur : c' est la Chèvre, ou Capella. En formant un angle droit à cette prolongation du côté du sud, on arrive aux pléiades. Non loin de là est une étoile changeante, Algol, ou la Tête De Méduse, qui varie de la 2 e à la 4 e grandeur en 2 jours 20 heures 48 minutes 54 secondes. Nous ferons connaissance plus tard avec ces astres étonnants. Ajoutons que dans cette région l' étoile (..) d' Andromède est l' une des plus belles étoiles doubles (elle est même triple). Si maintenant nous prolongeons au delà du carré de Pégase la ligne courbe d' Andromède, nous atteignons la voie lactée et nous rencontrons dans ces parages : le Cygne, pareil à une croix, la Lyre, où brille Véga, l' Aigle (Altaïr, et non Ataïr comme on l' écrit) avec deux satellites. Tels sont les principaux personnages qui habitent les régions circumpolaires, p713 d' un côté ; tout à l' heure, nous ferons plus ample connaissance avec eux. Pendant que nous sommes à tracer des lignes de repère, gardons encore un peu de patience, et terminons notre revision sommaire de cette partie du ciel. Voici maintenant le côté opposé à celui dont nous venons de parler, toujours auprès du pôle. Revenons à la Grande Ourse. Prolongeant la queue dans sa courbe , nous trouverons à quelque distance de là une étoile de première grandeur, Arcturus ou (..) du Bouvier. Un petit cercle d' étoiles, que l' on voit à gauche du Bouvier, constitue la couronne boréale . Au mois de mai 1866, on a vu briller là une belle étoile dont l' éclat n' a duré que quinze jours. La constellation du Bouvier est tracée en forme de pentagone. Les étoiles qui la composent sont de troisième grandeur, à l' exception d' Arcturus, qui est de première. Celle-ci est l' une des plus proches de la terre, car elle fait partie du petit nombre de celles dont la distance a pu être mesurée : elle n' est qu' à une soixantaine de trillions de lieues d' ici. Elle brille d' une belle couleur jaune d' or. L' étoile (..), que l' on voit au-dessus d' elle, est double , c' est-à-dire que le télescope la décompose en deux astres distincts : l' un jaune, l' autre bleu. Cette description technique est loin de la poésie de la nature ; mais il importe surtout ici d' être clair et précis. Supposons-nous d' ailleurs sous la voûte étoilée, par une belle nuit d' été splendide et silencieuse, et songeons que chacun de ces points que nous cherchons à reconnaître est un monde, ou plutôt un système de mondes. Voyez ce triangle équilatéral ; il nous permet de poser successivement les yeux sur trois importants soleils : Véga de la Lyre, Arcturus du Bouvier, et La Polaire qui veille au-dessus des solitudes de notre mystérieux pôle nord : bien des martyrs de la science sont morts en la contemplant ! ... dans douze mille ans, p714 nos arrière-petits-enfants verront la Lyre gouverner au pôle l' harmonie des cieux. Les étoiles qui avoisinent le pôle, et qui ont reçu pour cela le nom de circumpolaires, sont distribuées dans les groupes qui viennent d' être indiqués. J' engage fort mes jeunes lecteurs à profiter de quelques belles soirées pour s' exercer à trouver eux-mêmes ces constellations dans le ciel. Le meilleur moyen est de s' aider des alignements précédents et du dessin d' ensemble reproduit ici (Fig 331). p715 Ce sont là les principales étoiles et constellations de l' hémisphère boréal, dont le sommet est au pôle nord et dont la base est à l' équateur. Viennent maintenant dans l' ordre de notre description les douze constellations de la ceinture du zodiaque, qui fait le tour du ciel, inclinée de (..) sur l' équateur, et dont l' écliptique, route apparente du soleil, forme la ligne médiane. Le nom de zodiaque, donné à la zone d' étoiles que le soleil traverse pendant le cours de l' année vient de (..), animaux, étymologie que l' on doit au genre de figures tracées sur cette bande d' étoiles. Ce sont, en effet, les animaux qui dominent dans ces figures. On a divisé la circonférence entière du ciel en douze parties, que l' on a nommées les douze signes du zodiaque, et nos pères les appelaient " les maisons du soleil " , ou encore " les résidences mensuelles d' Apollon " , parce que l' astre du jour en visite une chaque mois et revient à chaque printemps à l' origine de la cité zodiacale. Deux mémorables vers latins du poète Ausone nous présentent ces douze signes dans l' ordre où le soleil les parcourt, et c' est encore le moyen le plus facile qui se présente pour les retenir par coeur : ... etc. Ou bien, en français : le Bélier (..), le Taureau (..), les Gémeaux (..), le Cancer (..), le Lion (..), la Vierge (..), la Balance (..), le Scorpion (..), le Sagittaire (..), le Capricorne (..), le Verseau (..) et les Poissons (..). Les signes placés à côté de ces noms sont un vestige des hiéroglyphes primitifs qui les désignaient : (..) représente les cornes du Bélier ; (..) la tête du Taureau ; (..) est un courant d' eau, etc. Si nous connaissons maintenant notre ciel boréal, si ses étoiles les plus importantes sont suffisamment marquées dans notre esprit avec les rapports réciproques qu' elles gardent entre elles, nous n' avons plus de confusion à craindre, et il nous sera facile de reconnaître les constellations zodiacales. Cette zone peut nous servir de ligne de partage entre le nord et le sud. En voici la description : le Bélier, qui s' avance en tête de son troupeau et en règle pour ainsi dire la marche, ouvre la série. Cette constellation n' a, par elle-même, rien de remarquable : la plus brillante de ses étoiles indique la base de l' une des cornes du conducteur de brebis ; elle n' est que de seconde grandeur, mais le choix de son nom ne manquait pas d' à-propos. -après le Bélier vient le Taureau. Admirez, par une belle nuit d' hiver, les douces pléiades qui scintillent dans l' éther : non loin d' elles brille une belle étoile rouge : c' est l' oeil du Taureau, Aldébaran, étoile de première grandeur et l' une des plus belles de notre ciel. (suivre pour cette description notre plan du zodiaque reproduit ci-dessous). -nous arrivons aux Gémeaux, dont les têtes sont marquées par deux belles étoiles, de deuxième grandeur , situées un peu au-dessus d' une étoile de première grandeur : Procyon ou le Petit Chien, -le Cancer ou p716 écrevisse, constellation fort peu apparente ; ses étoiles les plus visibles ne sont que de quatrième grandeur, et occupent le corps de l' animal ; -le Lion, belle constellation, marquée par une étoile de première grandeur, Régulus, par une seconde, (..), et par plusieurs autres, de deuxième à troisième grandeur disposées en trapèze ; -la Vierge, indiquée par une étoile très brillante, de première grandeur, l' épi, située dans le voisinage d' une étoile, également de première grandeur, Arcturus, qui se trouve sur le prolongement de la queue de la Grande Ourse ; -la Balance, indiquée par deux étoiles de deuxième grandeur, qui ressembleraient exactement aux Gémeaux, si elles étaient plus rapprochées l' une de l' autre ; -le Scorpion, constellation remarquable ; une étoile de première grandeur, d' un bel éclat rouge, marque le coeur (Antarès), au milieu de deux étoiles de troisième ordre, surmontées de trois étoiles brillantes, disposées en diadème ; -le Sagittaire, dont la flèche, indiquée par trois étoiles (de deuxième à troisième grandeur) est dirigée vers la queue du Scorpion ; -le Capricorne, constellation peu apparente, qui se reconnaît à deux étoiles de troisième grandeur, très rapprochées l' une de l' autre, et désignant la base des cornes de l' animal hiéroglyphique ; -le Verseau, indiqué par trois étoiles de troisième grandeur, disposées en triangle et dont la plus septentrionale occupe un point de l' équateur ; -les Poissons, composés d' étoiles à peine apparentes (de troisième à quatrième grandeur), situées au sud d' un grand et magnifique quadrilatère, le carré de Pégase, dont nous avons déjà parlé. Nous venons d' énumérer les constellations zodiacales dans l' ordre du mouvement direct (de l' ouest à l' est) du soleil, de la lune et des p717 planètes, qui les traversent. Elles marquaient à l' époque de leur formation le passage mensuel du soleil dans chacune d' elles : la distribution des étoiles par groupes figuratifs fut la première écriture véritablement hiéroglyphique : elle était gravée au firmament en caractères ineffaçables ! Le zodiaque a joué un grand rôle dans l' histoire ancienne de chaque peuple, dans la formation des calendriers, dans la fixation p718 des fêtes publiques, dans la constitution des ères. La découverte du zodiaque de Dendérah, faite par les savants français en égypte à la fin du siècle dernier, avait d' abord fait croire ( Voy Dupuis, Lalande, Laplace) à une antiquité de quinze mille ans ; mais il est aujourd' hui démontré qu' il faut retrancher de cette date la moitié du cycle de la précession, c' est-à-dire près de treize mille ans, ce qui ramène cette sculpture à deux mille ans de notre époque seulement, et c' est en effet ce qui correspond, d' autre part, aux témoignages de l' archéologie. Il est remarquable que tous les anciens zodiaques et calendriers qui nous ont été conservés commencent l' année à la constellation du Taureau, comme nous l' avons déjà remarqué plus haut (P 55). Le zodiaque de la pagode d' éléphanta (Salsette) a en tête de la marche des signes le Taureau sacré, le boeuf Apis, Mithra, dont la promenade p719 du boeuf gras, que l' on fait encore actuellement aux environs de Paris, est un lointain vestige. Le plafond d' une chambre sépulcrale de Thèbes porte le Taureau en tête de la procession.